mardi 16 janvier 2018

médias et démocratie : propositions

On a vu plus tôt l'extrême concentration des médias français, et leur appartenance à des groupes dépendant fortement de commandes ou de décisions étatiques.

Comme souligné par François Bayrou, c’est une anomalie démocratique qu’il y ait des liens de clientèle entre l’Etat et les groupes de presse, dans d’autres activités comme l’armement ou le bâtiment.

Manifestement, la législation anti-trust et anti-concentration, issue des ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse, est insuffisante pour entraver cette concentration et les liaisons dangereuses entre les activités industrielles et le contrôle de la télévision.
Petit rappel des lois anticoncentration : La loi française interdit à un groupe de dépasser un seuil de 30% de la diffusion totale de la presse quotidienne d'information politique et générale. La règle dite des "deux sur trois" interdit à un même groupe de posséder à la fois une télévision de diffusion nationale, une radio de diffusion nationale et un quotidien de diffusion nationale, et ne lui autorise le contrôle au maximum que de deux de ces trois médias.

Je reprends donc à mon compte et complète des propositions d'Henri Maler pour ACRIMED, pour garantir le pluralisme, contre la concentration et la financiarisation des médias :
- abaisser le seuil des concentrations autorisées par les dispositions françaises et lutter pour leur abaissement conjoint et unifié dans l’ensemble des pays européens. Les critères de limitation des concentrations mono-médias ou multimédias doivent cumuler des seuils de concentration capitalistique, des maxima de nombre de titres et de canaux possédés, des maxima d’audience ou de diffusion ;
- interdire le contrôle des actifs médiatiques par des firmes qui sont largement présentes dans d’autres secteurs d’activité économique et, en particulier, par des firmes qui dépendent de l’obtention de marchés publics ;
- limiter l’ampleur des financements publicitaires, la surface ou la durée des messages publicitaires (cela sera aussi une libération des citoyens) ;
- encourager le financement "mutualisé", par les clients lecteurs et auditeurs, de la même façon qu’on peut l’envisager aussi pour des médias citoyens sur internet. Chaque citoyen pourrait réserver une part de ses impôts au financement d'un média ou plusieurs médias.

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