samedi 23 juillet 2011

crise européenne de la dette et règle d'or

Contrairement à mon habitude, je réagis à un sujet brûlant d'actualité:

Il me semble qu'il faut mutualiser les dettes des pays de l'Union Européenne, en créant une agence européenne de la dette qui émettrait des obligations européennes. Cette agence prendrait en charge les dettes nationales jusqu'à 60 % du PIB, prêtant aux pays européens à des taux différenciés selon les pays (au taux du marché pour les pays les plus solides, à un taux légèrement plus élevé pour les plus fragiles).

Cela ne résoud pas le fond du problème mais devrait donner un peu d'air aux pays qui en ont besoin.

Pour le fond... on n'échappera pas à une réduction de nos dépenses publiques, et à une amélioration de l'efficacité de ces dépenses. Je proposais ici de revenir en 10 ans maximum à l'équilibre budgétaire. Ceci demanderait en gros d'atteindre un solde primaire (différence entre recettes et dépenses hors paiement des intérêts de la dette) nul d'ici 3 ou 4 ans, puis égal à 3% du PIB d'ici 6 ou 7 ans.
Ensuite, il ne serait pas permis que le budget annuel voté par nos assemblées soit déficitaire.

Ceci pour essayer d'enrayer cette escalade:

mardi 19 juillet 2011

salaire maximum (3)

4 propositions:

1) je propose de faire voter par l'assemblée générale des actionnaires (chaque action possédée depuis plus d'un an donnant droit à une voix) le salaire du PDG ainsi que les rémunérations des administrateurs (jetons de présence).

2) je propose de limiter à 40 le rapport maximum entre le salaire minimum et le salaire maximum dans une même entreprise.

3) je propose de fixer pour chaque pays européen un salaire maximum égal à 40 fois le salaire médian du pays.

4) enfin, je propose que chaque entreprise ait l'obligation de publier chaque année la courbe de Lorenz et le coefficient de Gini des rémunérations de ses salariés, ou encore un coefficient de Gini de l'entreprise, integrant également la répartition des salaires des fournisseurs de l'entreprise.
Je vous renvoie également vers un site défendant l'idée d'un salaire maximum.

mardi 5 juillet 2011

chasse, pêche, nature et traditions

...que je réécris illico:
agriculture, aquaculture, nature et innovations !
D'après Wikipedia, l’expression « révolution néolithique » fait référence à un changement radical et rapide, marqué par le passage d’une économie de prédation à une économie de production.
Cette révolution, datant d'il y a environ 10.000 ans, a fait passer l"humanité d'un mode de vie basé sur la chasse et la cueillette à un mode de vie basé sur l'agriculture et l'élevage.

C'était il y a 10.000 ans, il serait temps d'achever cette révolution dans nos rapports avec la mer, où nous nous comportons encore trop souvent en prédateurs.

La pêche industrielle en mer est caricaturale de cet état d'esprit: pour essayer de protéger les ressources, nous avons fixé des quotas, qui transforme la pêche en une course de vitesse.

Sur terre ou dans l'eau, nous pourrions maîtriser les chaînes alimentaires pour produire de quoi couvrir les besoins alimentaires humains, tout en s'assurant du renouvellement des populations et du maintien des équilibres naturels.
Imaginons des champs d'algues sur les plateaux continentaux, parmi lesquels brouteraient des troupeaux de poissons de toutes tailles, que des aquaculteurs surveilleraient et pêcheraient.

Il est grand temps de cesser d'exploiter des ressources renouvelables comme si il s'agissait d'exploitation minière.

mardi 7 juin 2011

retraites: petit calcul

Le total des salaires bruts reçus en France par les ménages en 2010 s'élève à environ 755 milliards d'euros et le total des cotisations sociales à environ 355 milliards d'euros.
Des cotisations retraite à 16% sur le salaire brut représenterait donc 121 milliards d'euros pour l'année 2010 (à comparer aux 100 milliards d'euros de dépenses de la CNAV pour 2009), ce qui nous donne environ 10 milliards d'euros cotisés par mois.

Imaginons un actif gagnant 2500 euros bruts mensuel: il aura cotisé 400 euros pour sa retraite sur sa paie de décembre 2010. Cela ajoutera 400 points à son compte retraite, auquel s'ajouteront chaque année des 'intérêts' à un taux égal à celui de l'inflation.

Imaginons maintenant un retraité depuis 2008, qui aurait été payé au salaire net moyen pendant 40 années: ses cotisations à 16% cumulées et augmentées de l'inflation s'élèveraient à 40000 points. Si ce retraité a 60 ans, il a une espérance de vie de 22 ans: le versement de ses 40000 points sera étalé sur 22 ans, et il doit donc toucher 154 points pour le mois de décembre 2010.
Ce calcul devra être fait pour chaque retraité. Imaginons que l'ensemble des points à verser aux retraités pour le mois de décembre 2010 s'élève à 1.25 milliard de points: la valeur du point sera donc fixée à 8 euros, et notre retraité touchera donc 1232 euros pour le mois de décembre 2010.

Le montant des recettes (cotisations) sera à ré-évaluer chaque mois.
Le nombre de points de pension à verser sera à ré-évaluer chaque mois, en fonction du nombre de retraités, de leur nombre de points cotisés pendant leur carrière, et de leur espérance de vie.
Cela permettra de calculer la valeur du point pour le mois.

mercredi 1 juin 2011

statut des fonctionnaires

Examinons maintenant le statut des salariés de l'Etat qui seront chargés d'assurer ses missions.

Les effectifs des fonctions publiques ont explosé sur un siècle, parce qu'on embauchait les personnes nécessaires pour assurer les nouvelles missions que l'on affectait à l'Etat, mais cela sans bien avoir conscience des dépenses que cela représenterait à long terme, le long terme incluant des périodes moins prospères. Alors qu'il aurait fallu mettre en place permettant d'adapter les emplois (effectifs et compétences) aux besoins. 
Comme exposé ailleurs, les dépenses de personnel et de pensions de retraite de l’Etat pèsent sur le budget de l'Etat, et pour de nombreuses années. Je cite un rapport de la Cour des Comptes sur les effectifs de l'Etat 1980-2008: "Les dépenses de personnel et de pensions de retraite de l’Etat ont plus que doublé entre 1980 et 2008 (+110 % en euros constants). Elles représentaient à cette date 47,5 % des dépenses nettes du budget général et 15,5 % du produit intérieur brut (PIB). De fait, tout recrutement opéré dans la fonction publique a une incidence budgétaire pour plusieurs décennies : aux dépenses directes et immédiates qu’il induit, il faut en effet ajouter les dépenses différées au titre des pensions de retraite."

Il me semble que pour gagner en efficacité et en souplesse et pour ne pas trop peser sur l'avenir, la majorité des salariés de l'Etat devraient être recrutés pour un emploi spécifique, avec des exigences de connaissances nécessaires à cet emploi, en reconnaissant l'expérience acquise précédemment. Ces salariés auraient des objectifs négociés, et seraient évalués sur leurs performances. Ces recrutements pourraient également se faire pour des missions ponctuelles. Ce rapprochement des modes de fonctionnement du secteur privé favoriserait les passerelles entre ces 2 mondes aujourd'hui trop lointain, avec un gain d'efficacité et de performance pour les 2.

Seules certaines missions me paraissent nécessiter un statut particulier pour les personnes qui les assureront, et l'on retrouve là les fonctions régaliennes de l'Etat (armée, police, justice, impôts), à assurer à terme au niveau de l'Union Européenne. Cela ne concerne pas forcément tous les salariés contribuant à ces fonctions, mais au moins les cadres (officiers, juges, etc...). Ce statut est nécessaire pour assurer la loyauté de ces salariés, leur dévouement au bien commun, et la continuité de ces fonctions sur le long terme.
Les autres missions de l'Etat seraient assurées par des salariés de l'Etat n'ayant pas forcément un statut différent des salariés du secteur privé, avec un système de retraite harmonisé (voir ici ma proposition).

samedi 9 avril 2011

rôle de l'Etat

Pour le libéralisme classique, le rôle légitime de l'État est uniquement la protection des libertés individuelles: l'État doit assurer les fonctions dites « régaliennes »: police, justice et défenses. Et derrière "protection des libertés individuelles" vient très rapidement "protection de la propriété privée".

L'État a effectivement pour première fonction de protéger ses citoyens: de là découlent ses fonctions de législation, de justice, de police, d’action extérieure, de défense; et la fonction de perception de l’impôt, pour se donner les moyens d'assurer ces fonctions.

J'y ajouterai quelques attributions que me tiennent à coeur.

L'État doit protéger ses citoyens, c'est vrai, mais pas uniquement contre les agressions extérieures et les comportements anti-sociaux. Ce devoir de protection doit également inclure:
* une protection sociale, contre les risques divers et aléas de la vie,

* un égal accès aux soins pour tous,
* un cadre de vie le plus agréable possible pour tous,

* les conditions de l'épanouissement individuel,
* la gestion des risques liés aux activités humaines.

L'État a le devoir d'assurer la défense et la protection des biens collectifs que sont le milieu naturel et le milieu humain, avec une vision à long terme, au delà des intérêts particuliers et court-terme, d'où notamment des obligations sur:
* la survie de sa population, ses descendants, son histoire, ses idées, sa langue, ses arts...
* la sauvegarde de son milieu naturel, de son envionnement.


Puisque l'on parle de long terme:
L'État doit assurer la formation de ses enfants: former de futurs citoyens, responsables et conscients des enjeux cités ci-dessus, autonomes et créatifs, capables de s'adapter à tous types de situations et de développer leurs propres schémas de pensées, et non uniquement des travailleurs dociles et adaptés aux besoins du moment.

Je crois avoir fait le tour des missions que je reconnais à l'Etat. Toutes ses autres activités, passées, présentes ou à venir, sont selon moi à considérer non comme illégitimes mais comme tactiques de circonstances pour remplir les missions citées plus haut.

Autre obligation de l'Etat: le souci de l'efficacité et de l'amélioration continue, afin de peser le moins possible sur ses citoyens.

jeudi 31 mars 2011

guerre économique et protectionnisme (2)

Un article interressant pour continuer la reflexion, ici, sur le site de la fondation Robert Schuman.

Je commence par 2 petits graphiques tirés de la même source:

C'est vrai: les principaux partenaires commerciaux de l'UE (Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sont aussi ceux où les barrières douanières concernant les produits non agricoles sont les plus basses. Mais il faut également remarquer que peu de pays ont des tarifs douaniers moyens plus bas que l'UE.

Ma proposition n'est pas de fermer les frontières, mais de construire les taux des taxes d'importation de manière transparente et rationnelle, et d'augmenter raisonnablement nos tarifs douaniers moyens (et donc les revenus que l'Etat en tire). Ces nouveaux tarifs douaniers ne seraient pas appliqués brutalement, mais rentreraient en vigueur progressivement (par exemple en 5 ans pour garder l'echelle de temps utilisée par ailleurs) et avec une campagne pédagogique expliquant comment ont été construit ces taux (et comment ils seront révisés annuellement) à la fois aux consommateurs européens et aux pays exportateurs.