Timothée Parrique :
Assimiler l’économie confinée à la décroissance parce que le PIB s’effondre est aussi absurde que de comparer un régime à une amputation au motif que dans les deux cas le poids net diminue.
Le Chat (Geluck) :
Juste quelques idées pour contribuer au débat et préparer nos avenirs, par un bricolo de la politique et de l'économie.
Timothée Parrique :
Assimiler l’économie confinée à la décroissance parce que le PIB s’effondre est aussi absurde que de comparer un régime à une amputation au motif que dans les deux cas le poids net diminue.
Le Chat (Geluck) :
Pour donner un contrepoint à cet article et à mes divers projets de révolution de la fiscalité, je copie ici le sixième principe du Parti pour l'Après Croissance :
Le rôle de l’Etat doit être redéfini et, l’obligation de faire non contingente étant abolie, il ne doit plus être financé par l’impôt. L’Etat ainsi modifié sera en charge d’un grand secteur public marchand regroupant les activités économiques à forte empreinte écologique, c’est à dire fortement prédatrices de ressources naturelles finies. Ces activités sont principalement l’énergie, la sidérurgie, les constructions automobiles, aériennes, navales, ferroviaires, le BTP, et la pétrochimie. Parallèlement à ce secteur public marchand, l’Etat sera en charge d’un secteur public gratuit élargi, chargé de délivrer des services de base utiles à la collectivité, c’est à dire, hormis les traditionnelles fonctions régaliennes que sont la sécurité intérieure et la justice, principalement les services de la santé, l’éducation, les transports urbains et péri-urbains, la mise à disposition de médias de communication pour l’information politique, la fourniture d’eau et d’énergie dans le cadre d’un quota domestique et les services funéraires. Le budget du secteur public gratuit sera assuré par les bénéfices issus de l’activité du secteur public marchand à l’exclusion de toute autre forme de financement.
Pour limiter le réchauffement climatique et maintenir des conditions de vie acceptables dans le plus d'endroits possibles de notre planète, il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
D’après le ministère de l’environnement, un français a émis en moyenne 8 tonnes de CO2 en 2018 (le différentiel avec certains chiffres plus bas provient probablement de la prise en compte des transferts de CO2 dus aux exportations et de la prise en compte des autres gaz à effet de serre que le CO2).
A quoi pourrait ressembler notre mode de vie pour atteindre l'objectif d'émissions de 2 tonnes de CO2 par an et par habitant ?
Première idée : regarder les données historique : la France avait des émissions de CO2 de 2tCO2/an/hab vers 1880 :
Pour rebondi sur cet article, un petit graphique faisant apparaître la différence entre l'empreinte carbone nette et brute des importations/exportations :
(source)
Le cabinet de conseil Carbone 4 a essayé de faire la part des responsabilités entre les individus, les entreprises et l'Etat face à l'urgence climatique.
Voici ici l'étude complète, et ci-dessous la synthèse :
Un sujet que je n'ai pas encore abordé, que j'illustre avec quelques slides intéressants tirés de l'introduction d'une conférence de Gaël Giraud.
Le corps humain a ses limites. Passer plus de 6 heures dans des conditions de températures situées à droite de la courbe rouge de ce graphique provoque la mort.
Voilà les zones qui risquent de devenir invivables à cause de la combinaison température et humidité :
En plus de cet effet température/humidité, le réchauffement climatique va également augmenter le stress hydrique et les risques de sécheresse :
et le nombre des évènements climatiques extrêmes devrait continuer de croître :
Cet article publié sur le site PNAS (dont je ne fais que résumer les grandes lignes ci-dessous et que je vous encourage à lire, traduction en français ici) conclut que la niche environnementale de l’humanité aura davantage bougé d'ici 50 ans qu’en 6000 ans.
Depuis 6000 ans, la population humaine est restée concentrée dans une zone de température/précipitation relativement stable :
La population humaine a historiquement habité dans des conditions de température annuelle moyenne relativement stable, avec un mode principal autour de 11°C à 15°C accompagné d’un mode secondaire plus restreint autour de 20°C à 25°C. Dans l'hypothèse d'absence de migration, selon les projections démographiques dans le scenario RCP8.5, le mode principale sera vers 29°C et le mode secondaire vers 19°C.
En 2070, 3,5 milliards de personnes seront exposées aux TMA ≥29°C, une situation que l’on ne retrouve dans le climat actuel que sur 0,8 % de la surface terrestre mondiale, principalement concentrée dans le Sahara, mais qui devrait couvrir 19 % des terres en 2070.Sur cette carte des températures moyennes annuelles actuelles, les conditions de températures des petites zones sombres visible au Sahara (TMA≥29°C) devraient se retrouver dans toute la zone ombragée de la carte, couvrant une grande partie du Brésil, de l'Afrique, de la péninsule arabique, de l'Inde, etc.
En l’absence de migration, cette zone abriterait 3,5 milliards de personnes en 2070 selon le scénario de développement démographique SSP3.La projection du déplacement géographique de la niche de température humaine selon le climat projeté pour 2070 par le scenario RCP8.5 est éloquente :
Ces résultats suggèrent une forte tension entre la répartition future de la population prévue et les emplacements futurs des conditions climatiques qui ont bien servi l’humanité au cours des derniers millénaires, même si les projections de l’ampleur des futures migrations liées au climat restent très incertaines.
Pour Jean-Marc Jancovici, la sobriété énergétique est inévitable et va réduire les flux productifs.
La décroissance n'est pas un but en soi mais une contrainte, un peu comme la vieillesse. Elle est inexorable, et il faut s’y préparer dès maintenant pour qu’elle soit la moins désagréable possible.
Si elle est subie, elle sera nécessairement plus pénible que si elle est gérée. La bonne nouvelle, c’est qu’une décroissance matérielle n’est pas nécessairement une décroissance de notre bonheur, quand nous sommes dans le « trop ».